Joker

On est à deux droits de péter les plombs.

Retirez-nous le peu de raisons de pas tout foutre en l’air et vous aurez encore plus d’yeux à crever, encore plus de mal à comprendre ce qui se passe.

Dans la rue y a déjà les familles des victimes des « gardiens de la paix », les gilets jaunes, les gilets noirs, les gilets verts, les étudiants, les paysans, les médecins, les pompiers, les cheminots, les retraités, les profs, même les « forces de l’ordre » s’apprêtent à marcher ! Il vous faut encore combien de manif pour que vous compreniez ? Il vous restera qui à dépouiller quand même ceux qui vous protègent viendront vous chercher ?…

Quand on manifeste pas c’est pas parce qu’on est d’accord : soit on bosse pour l’autre monde, soit on n’y croit plus, soit on se retient pour pas finir comme le clown de Gotham. A la base, Joker c’était juste un mec bienveillant qui demandait qu’à offrir un peu de tendresse à une société qui en avait rien à battre d’un pauvre malade de son espèce…

Chaque jour, pendant que certains mettent de côté et que tout se passe comme prévu, on perd de l’argent, de l’énergie, du temps, la santé ou la vie de nos enfants… en échange de quoi ? Il est où l’équilibre, il est où ???

On s’est toujours sentis du côté des perdants, même si les vrais exclus nous voient comme des privilégiés qui se plaignent de pas pouvoir passer de la piscine au jacuzzi.

Demande aux Maliens si les militaires français sont morts pour la démocratie… Demande aux Ouïghours ou aux Rohingyas si le danger c’est l’islam…

On est destructurés depuis l’adolescence, depuis que tout s’est mélangé dans nos têtes quand le bien est devenu le mal et vice vertu. Ce qu’on nous demandait dehors, c’était l’inverse de ce qu’on avait toujours appris.

Faire mal gratuitement, protéger ses intérêts quitte à marcher sur ceux des autres, transformer sa vie en plan de carrière ou en stratégie criminelle, fermer les yeux et surtout pas les rouvrir tant qu’on gravit les échelons hein…

Le quotidien est rempli de négativité, les gens se détestent eux-mêmes, ils se trouvent moches, gros, inutiles, seuls, pas adaptés… Ça passe son temps à se montrer, à chercher l’estime de soi dans le regard des autres…

On subit les chutes, les maladies et les blessures comme une pluie de grêle, on apprend les mauvaises nouvelles comme nos enfants apprennent à nommer les couleurs.

Depuis qu’on a perdu la raison, pour une raison ou pour une autre, on a pris le parti de cheminer sur la voie du cœur, quitte à passer pour des tebês.

Même si on lutte pour pas se laisser marcher dessus, tous les jours on tente d’apporter un peu de réconfort et d’apaisement à ceux qui nous entourent. Sujet, verbe, compliment.

On sait qu’on est pas normaux, pas normés, hors normes… comme dans le film… ils savent pas ce qui nous pousse… comme dans la chanson…

On fait les mauvais choix, en apparence, on est pas des « winners ». On calcule mal, en apparence, on dépense trop, on se dépense trop, on se ménage pas assez… 

Les apparences nous donnent tort mais le cœur a ses raisons que la raison ignore… comme dans le bouquin…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s