Plus que jamais

On s’accroche à l’espoir comme jamais. On sait que bientôt on va s’arracher, bientôt tout va s’arrêter, avec son lot de bons et mauvais souvenirs. Ça va passer, c’est juste un kif ou un drame passager.

Les seuls moments où on se sent vraiment vivants, c’est quand on déchire le rideau invisible, quand on accède à ce ciel caché par trop de préoccupations, trop de rage face aux massacres de milliers d’entre nous pour l’enrichissement d’une poignée d’entre nous.

C’est la guerre partout, la merde à tous les coins de rue, même les quartiers bourges sont misérables dans un sens. Rien que ça tue pour les ressources, rien que ça monte les peuples les uns contre les autres. Ça fout la mort, comme ils disent à Annonay. 

Mais on s’accroche à l’espoir. Comme jamais. On a cette fenêtre ouverte vers l’infini, même si y a des barreaux dessus. On est tous prisonniers, dehors ou dedans, compressés, étouffés par le manque d’air pur, ça pue la pisse dans les parkings sous-terrains. On est fanés, comme ils disent à Lyon, fanés de faire tous les jours le même constat.

Mais on sait que ça va passer. Ça va s’arrêter un jour ou l’autre, d’ailleurs on n’a jamais entendu autant d’athées parler de la fin du monde, comme quoi même les scientifiques qui chiaient sur les Écritures en viennent à les prendre à la lettre… Il paraît que la grotte de Lascaux a été découverte sous l’Occupation, comme quoi même dans les pires moments, la vie peut nous surprendre… 

Heureusement que les Écritures se réduisent pas à la lettre. Et heureusement qu’on reconnaît pas un cœur pur à la tenue vestimentaire portée par le corps porté par le cœur en question. Bien malin celui qui prétend savoir qui est qui…

En attendant le grand soir ou le jour du Jugement, on s’accroche à l’espoir. Chaque jour on meurt et on revient à la vie, chaque nuit on se demande si c’est la dernière. Chaque fois qu’on se dit au revoir, on se souvient de la toute première fois qu’on a perdu un ami cher. A cause d’un déménagement ou… d’un autre genre de déménagement… 

Les Écritures disent que seuls les vivants croient que les morts meurent et que cette superstition les rend plus morts que vivants. En attendant, chaque partisan d’une cause est certain d’être éveillé et que ses contradicteurs dorment encore, certain d’être modéré et que ses opposants sont des extrémistes. 

Quant à nous, on s’accroche à l’espoir.

Plus que jamais…

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