La petite voix

Je commence à être habitué au monde qui m’entoure, voilà pourquoi je souffre moins. 
Pas forcément d’accord pour autant avec ce que je vois, voilà pourquoi je regarde de loin.
J’ai mis des années à essayer d’exister, d’être quelqu’un, d’être reconnu comme ce que je suis…
J’ai tellement trébuché sur le regard des gens que j’ai perdu la raison, l’horizon, l’oraison.
J’ai cherché ma voie autant que ma voix dans mes textes et mes chansons, dans mon travail et mes projets, dans mon monde et ma société…
J’ai beaucoup regardé autour, demandé des conseils à toute la terre, et j’ai compris que la vérité ne me sera jamais livrée sur un plateau par un super-héros si ce n’est cette petite voix à l’intérieur de moi et de l’ensemble des êtres qui m’entourent, cette petite voix qui parle constamment et ne demande qu’à être entendue mais que mes pensées étouffent la plupart du temps, mes pensées ou mes paroles, mes « moi je » et mes théories à deux francs CFA, mes excuses et mes phobies…

Cette petite voix me guide autant qu’elle parle et j’aimerais tellement pouvoir lui laisser mes doigts, ma voix, mon corps et mon esprit à chaque seconde, j’aimerais tellement qu’elle prenne continuellement le contrôle que j’en pleure parfois. Tout seul, comme un grand. Non pas de tristesse, de honte ou de peine : d’émotion. Quelle force !!! Quelle puissance !!! Qui n’a pas déjà éclaté en sanglots sans raison extérieure apparente ne comprendra sans doute jamais ce que je décris ici. La fascination, l’admiration, la gratitude infinie face à cette petite voix a déjà jailli de mes yeux, ma mémoire en est témoin. Qui veuille me croire me croira, je ne pourrai jamais prouver ce que j’avance et ça fait d’ailleurs longtemps que j’ai renoncé à prouver quoi que ce soit dans ce domaine.

Je me laisse donc guider par cette petite musique interne, je la laisse guider ma plume électronique, informatique et numérique, je la laisse inspirer mes états d’âme et noircir mes pages, je la laisse me délivrer des bâtons dans les roues et des plaies ouvertes depuis des lustres.

J’ai confiance en cette voix, j’ai conscience qu’elle est en moi sans être à moi, je ne suis rien d’autre qu’un arc par lequel les flèches passent, c’est elle qui choisit les cibles, qui tire et qui touche. Et si ce que tu lis te touche, c’est parce que ça m’a suffisamment touché auparavant pour que je trouve ça indigne de garder ça pour moi tout seul. Alors voilà : je partage. Je partage dans tous les sens du terme. Parce que mes parents m’ont appris à partager, parce qu’aujourd’hui avec ma femme on essaie d’apprendre à nos enfants à partager. Y a dix ans, j’avais écrit ces phases dont je me souviens encore :

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Parce qu’à part ça j’ai
Bien l’impression d’être vain
Ou 23 piges, 
C’est vrai que c’est peu comme provisions pour le Voyage…

À l’époque où j’ai écrit ça, je pensais à la mort quand je parlais du Voyage. Et en réécrivant ça aujourd’hui, je me dis que je suis en train de le faire en fait, ce Voyage, je sais pas si je dois l’appeler la vie ou la Vie, je sais pas tellement quand il a commencé ni s’il a un début et une fin, tout ce que je sais c’est que j’ai toujours aimé voyager, physiquement ou pas, et si je t’ai fait voyager avec ce texte ou avec un autre, si la voix qui les inspire t’a touché, c’est qu’il est possible que cette voix soit exactement la même que celle que tu entends quand le silence est complet et que tes pensées font moins de bruit que d’habitude.

Il est possible qu’on soit mûs et émus par cette même voix, cette voie, cette foi, cette soif de voir ce monde invisible même lorsqu’on a les yeux ouverts…

A l’heure où beaucoup de gens rêvent et où je m’apprête aussi à entendre encore plus clairement cette petite voix, je remercie cette vibration de me porter et de m’apporter autant de paix, lorsque je l’appelle du plus profond de mes impasses. Une fois de plus la voie sans issue s’est transformée en boulevard, et si je n’écoutais pas une autre voix (la même ?) qui me dit que demain le réveil va piqueeeeer, je continuerais à déambuler sur ce boulevard, à dévaler l’avenue, à célébrer la venue de l’ouverture, de l’éclaircissement, de l’apaisement.

Bonne nuit à ceux qui s’apprêtent à dormir et bonne journée à ceux qui viennent de se réveiller ou qui sont réveillés depuis des années déjà ! 

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