À vie

Tout se mélange. Le désir de s’élever et le relativisme qui détruit tout, la force de la foi qui prime et le cynisme froid qui déprime, l’apesanteur et la pesanteur.

C’est la guerre entre les deux pôles, la force gravitationnelle fait tourner la tête. Ça rend ouf. Peut-être qu’un jour on sera happé, appelé, poussé par une motivation inaltérable, dirigé vers un but clair et bien determiné, peut-être qu’on arrêtera de courir 6000 lièvres à la fois, peut-être que la cohérence remplacera sa recherche… 

Ça se gratte la tête pour arrêter de se la prendre une bonne fois pour toutes. Y a pas cinquante mille recettes en vrai, mais la peur et le conformisme nous freinent, là où d’autres foncent et vivent sans doute d’autres contraintes… L’herbe est toujours plus verte dans le champ d’à côté et on peut pas s’empêcher de tourner la tête de l’autre côté de la clôture, alors qu’on a besoin de rien dans le fond.

Tout est déjà offert en permanence, le souffle, la vitalité, la vue, la voix, l’équilibre, la notion de respect et la conscience de notre insignificance.

Choisir à qui on parle et de quoi ? Choisir de nettoyer d’abord l’intérieur ou bien l’extérieur ? Choisir les moments où ce qui est d’habitude impossible devient nécessaire… 

Il est des jours où on a envie d’écrire « il est des jours » plutôt que « y a des jours ». Et y a des jours où c’est l’inverse. Les premiers ne priment pas sur les seconds. Ni l’inverse. Se tenir les deux pieds sur le fil entre les deux plutôt qu’un pied de chaque côté, au risque de se retrouver dans une position indélicate…

On avance vaillamment, bien qu’avec prudence. On assume tout, même si on l’avoue pas forcément ouvertement. On absorbe les déceptions comme les fiertés car désormais, on a capté que la souffrance prend racine dans le fossé entre ce qu’on souhaiterait et ce qui est…

Les plages de sable fin existent toujours, même recouvertes de plastique ou de galettes de pétrole. Nous sommes nos propres victimes, bien que ce « nous » soit à géométrie variable. Certains défendent leur camp, leur clan, d’autres oeuvrent à recoudre les plaies invisibles.

Les confrontations sont des échanges, malgré tout. Derrière l’agressivité, la peur ou la rancune, des messages passent, dans un sens comme dans l’autre. On ne le criera pas sur tous les toits mais les phrases du contradicteur d’hier tournent en boucle dans la tête, encore aujourd’hui…

On n’a pas oublié. On s’amuse parfois de voir à quel point les souvenirs changent de saveur au fil du temps. L’inacceptable devient l’inoubliable. On se souvient parfois des ressentis seulement, les visages ont disparu, les lieux sont tellement flous qu’il ne reste plus que ce feeling qui était passé à un moment donné et avait donné une coloration si particulière à cet instant que la mémoire a transformé en souvenir gravé à vie…

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