A l’aise dans ce monde comme des poissons dans l’herbe
Nostalgiques de l’eau
Notre dépaysement ne connaît aucun remède
À part l’appel des profondeurs
Le rappel des évidences enfouies
Le témoignage stupéfait, ébahi
En compagnie d’autres habitants
De l’océan
Sans lui nous sommes perdus
Sans doute sommes-nous perçus
Comme d’honnêtes gens
Et pourtant
Nous devenons délinquants
À chaque fois que nous gaspillons le temps
Qui nous est attribué
À chaque fois que nous oublions
De ne pas oublier
Que nous confondons la vie avec la nôtre
Ou que nous suivons les autres
Routes que celle sur laquelle nous sommes
A chaque fois que l’unité se change en sommes
Que les compléments deviennent contraires
Que nous rougissons de compliments
Ou que les critiques nous paralysent
Nous n’aspirons qu’à nous connecter
Nous effacer
Nous fondre dans cette Réalité
Qui nous dépasse
Nous englobe
Nous submerge
Nous constitue
Sans que nous puissions la saisir
Jamais
Insaisissable essence
Omniprésente pourtant
Omniprésente présence
Omnipotente, omnisciente, obnubilante
A la recherche de l’équilibre
De la justesse
De la tempérance
A la recherche de ce qui est constamment là
Au-dedans de nous, devant nous, derrière nous, au-dessus, en dessous
Nous cherchons à nous souvenir
De ce qui n’a jamais disparu
Sauf dans notre inconstance
Sauf dans notre inconscience
Sauf dans notre inconsistance
Nous sommes des passants
Dépassés
Des passeurs de silence…