L’instantanéité

Parfois j’y pense comme à un pays que j’ai quitté depuis longtemps. Pourtant je l’accueille chaque jour, à chaque fois que l’instantanéité l’emporte sur le quotidien. Je peux le croiser au détour d’un bout de ciel au coucher de soleil ou au milieu d’une discussion tellement sincère que le dialogue se change en monologue à deux voix.
 
Et puis la routine reprend ses droits, allez lève-toi, il est l’heure, accepte de bouffer ta part de poussière si tu veux pouvoir ensuite retrouver ce qui te motive à retrouver ce qui te motive. Recevoir un message tellement clair que le doute n’osera même plus ouvrir sa gueule, un signe qui donnera à l’ordinaire une profondeur incroyable, insoupçonnée…
 
Il est à la fois dans ce qui se voit et ce qui se devine, se savoure et se regrette. Il tord les intestins, brûle les entrailles, il a pas d’heure, débarque quand bon lui semble et le temps de remarquer sa présence, il nous manque déjà…
 
Parfois j’y pense comme à un pays lointain, tellement lointain que même son souvenir s’éloigne… pourtant il peut débouler d’une seconde à l’autre, refaire surface, revenir tout chambouler, tout foutre sens dessus dessous sans prévenir, parfumer l’instant de sa simplicité admirable…
 
Il est solide comme un volcan et pourtant si frais… Il peut jaillir de l’ennui ou t’y laisser englué des heures entières… en attendant qu’il daigne à nouveau s’inviter chez toi…
 
« Mais de quoi il parle là ? », se demanderont ceux qui ont besoin de découper le monde en morceaux pour mieux le mâcher. Donne-lui le nom que tu voudras va, on va pas se prendre la tête, il est tard et on n’a plus le temps pour les chicanes.
 
Une plongée dans le cosmos au pays des merveilles, ça te dit ? Laisse tomber tes vieux réflexes, laisse-toi surprendre par ce que tu retrouveras bientôt au fond d’un tiroir de ta mémoire. Vide ton sac, vide !…
 
La nuit reprend ses droits, elle a tapissé le ciel et le trottoir, c’est le moment propice pour ouvrir la fenêtre. Laisse le calme remplacer tes réflexions obsédantes…
 
Parfois j’y pense comme à un pays lointain et je rêve de m’y installer, d’y passer le reste de ma vie d’avant. De migrer définitivement, de redevenir l’autochtone que j’étais avant d’être projeté là, au beau milieu de nulle part, à chercher de l’eau comme un chien errant…
 
C’est grâce à ça que je continue à y croire quand l’esprit critique et les dégueulasseries du monde me plombent le moral, quand le cynisme voudrait me faire croire qu’il est plus sincère que ces pépites d’éternité…
 
Heureux celles et ceux qui ont déjà fréquenté ces lieux bénis. On s’y croisera peut-être un de ces 4 ?! Va savoir… 😉

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