Une tonne de plumes

Ils t’ont méprisé(e), ils se sont moqués de toi, ils t’ont tapé(e), humilié(e) ou peut-être pire : ils t’ont ignoré(e) au moment où tu cherchais à nouer le contact avec eux.

Ils ont blessé ton ego, ils t’ont meurtri(e) et tu t’en souviens encore. Tu t’en souviendras peut-être toute ta vie. Peut-être pas toute ta vie avec la même amertume ni la même rancune mais ces images t’accompagnent déjà depuis un certain temps et tu vois mal comment elles pourraient s’effacer du jour au lendemain.

Est-ce qu’ils se souviennent, eux, de ces moments qui t’ont marqué(e) à vie ? Est-ce que ces quelques secondes restent gravées dans leur mémoire comme elles le sont dans la tienne, d’une façon qui te semble indélébile ?

Que fais-tu aujourd’hui de ces instants qui reviennent te hanter de temps à autre, comme les visages de tous ceux à qui tu as causé du tort, celles et/ou ceux que tu as méprisés, moqués, tapés, humiliés ou peut-être pire : ignorés au moment où ils cherchaient à nouer le contact avec toi ?

Cette énergie qui jaillit en toi au moment où ces scènes repassent devant les yeux de ton esprit, qu’en fais-tu ?

Comment t’y prends-tu pour saisir, extraire extirper de ces mauvais souvenirs suffisamment de volonté, de détermination, de concentration pour te faire avancer, aller de l’avant, découvrir à l’intérieur et autour de toi les nouvelles ressources nécessaires pour réaliser enfin ce pourquoi tu te lèves chaque matin ?

Tous ces gens qui t’ont fait mal ou que tu as heurtés, blessés ou encore ignorés sans forcément en prendre conscience sur le moment, méritent-ils vraiment que tu les portes sur tes épaules au quotidien, et peut-être même pour le restant de tes jours ?

Tes épaules ne sont – elles pas plutôt destinées à porter tes enfants, tes courses de daron(ne) ou ton sac à dos d’étudiant(e) ?

Es-tu destiné(e) à passer ta vie à hanter la mémoire de telle personne ou à traîner malgré toi sur les épaules de telle ou telle autre ?

Aujourd’hui l’alchimie prend un sens très concret pour toi : transformer le plomb en or, ou même en plume tant qu’on y est. Une plume ça coûte rien mais c’est léger, c’est joli, ça se laisse porter par le vent, ça attire la convoitise de personne et ça peut dépanner au contraire : qui voudra écrire, reposer sa tête plombée par les pensées ou tout simplement souffler un grand coup et voir voyager le fruit de son souffle pourra venir te voir.

Hier tu regorgeais de mauvais souvenirs et plombais l’ambiance, désormais tu allégeras les épaules de tes congénères. Certes, une tonne de plumes ça pèse aussi lourd qu’une tonne de plomb. Mais c’est combien de micro-expirations comme ça qui t’auront défait(e) d’une partie, si infime soit-elle, de ce qui te pesait jusqu’alors ?

Combien de plumes emportées par le vent ?…

Ah…

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