Les voyelles consonnent

Les consonnes conseillent,
Les voyelles consolent.

Les consonnes conservent,
Les voyelles consomment.

Les consonnes constellent
Les voyelles qu’on forme,
Les consonnes qu’on sème
Et les voyelles qu’on sonne.

Les consonnes concèdent
Les voyelles confortent.

Les voyelles voyagent,
Les consonnes voient, elles…

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Rester là…

Ma vie n’est pas toujours comme je voudrais qu’elle soit

Parfois elle me déçoit

Mais ai-je vraiment le choix ?

Ai-je seulement le choix ?

Ma vie n’existe pas

C’est seulement la vie telle que je la perçois

L’aperçois

Est-ce que quand je ne serai plus là

La vie disparaîtra ?

La vie ne s’en va pas

Avant que nous soyons là

Elle était là

Après elle restera

Elle perdurera

Durera

Mais ce que je vois,

La vie telle que je la perçois

Ce qui me plait ou me déçoit

Tout ça vient de moi

Et tout ça disparaîtra

Quand je ne serai plus là

Alors je prends du recul…

Jusqu’à faire disparaître ce « moi »

Et même si je suis encore là

Et même si parfois

Ma vie me plait ou me déçoit

Et même si je fais des choix

Il arrive que j’arrive à me fondre dans cette vie qui passe par moi

Par toi

Et par tout ce qui est voué à

Rester là…

5. Prise en otage ???

Même si tout le monde la cherche, tout le monde se demande si Vérité elle s’est pas tout simplement barrée… Comme on a dit au début, cette go, personne a jamais vraiment réussi à la cerner… Elle est capable de tout… et ça serait bien son style de disparaître volontairement du jour au lendemain sans prévenir personne. Même ses potes les plus proches ont jamais vraiment compris ce qu’elle avait dans la tête, tellement elle change souvent d’humeur…

Donc même s’ils sont tous en train de la chercher comme des oufs, Foi, Raison, Travail, Doute, Question… tout le monde sait que… ça se trouve, elle est juste partie parce qu’elle en pouvait plus… Ca se trouve, elle reviendra demain comme une fleur, comme si de rien n’était, en mode : « Eh les amis ! Ca fait un bail ! Comment vous allez ? »

*******

Mais en vérité, Vérité elle s’est pas barrée… Elle a été enlevée…

À c’t’heure-ci, au moment où tout le monde est en train de fouiner dans tous les coins de la ville mais avec toujours un petit doute, elle, elle est enfermée, dans une toute petite cellule que son preneur d’otage il a appelé Le Concept. Le Concept, il est trop petit pour qu’elle puisse se tenir debout. Elle respire mal, elle voit pas la lumière de jour, sauf de temps en temps… Elle a super faim aussi parce que voilà, son ravisseur il la nourrit super mal…

*******

Pendant ce temps-là, Effort il est aussi en train de chercher Vérité de son côté. Pendant qu’il était en train de chiner Passion, d’un coup les deux ils ont vu un gars courir dans tous les sens et crier : « Vérité a disparuuuu !!! Vérité à disparuuuu !!! Personne l’a vuuuue ??? » Quand il a entendu ça, Effort il a tiqué : Vérité c’est la pote à sa meuf donc même si là, il était en train de céder à la tentation, dès qu’il a vu le gars affolé comme ça, il a commencé à enquêter…

Effort il savait que Foi c’était l’autre super pote à Vérité. Il savait aussi qu’en ce moment, Foi et Raison elles étaient un peu en froid parce qu’elles s’étaient embrouillées mais bon il s’est dit que vu les circonstances, il allait quand même lui rendre visite…

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Elle s’est fait prendre en otage, Vérité. C’est Langage qui l’a enlevée. Enfin, qui croit l’avoir enlevée… Parce que voilà, Vérité elle est pas complètement cinglée ! Elle se laissera jamais prendre en otage sans rien faire. Si elle a accepté de se laisser enfermer, c’est pas pour rien… Même si évidemment, elle est pas non plus folle au point de se laisser prendre en otage par pur kif, elle sait que… chaque chose en son temps… et que tout a une raison, dans le fond… En plus Langage il est armé. Il a une arme chargée à bloc, une Érudition (un genre de fusil à lunette), alors Vérité elle joue le jeu, juste pour faire croire à Langage qu’il est puissant genre…

Mais bon en même temps voilà quoi ! Elle perd des forces, à force… En plus, elle fait que de penser à Passion en train de se faire draguer par Effort, le mec de sa pote Raison… Vérité elle sait comment il est Effort, elle a déjà prévenu Raison plein de fois mais Raison elle l’a jamais crue donc rien à faire… En plus elle sait que Passion elle est dan-ge-reuse donc elle s’inquiète…

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Quand elle entend sonner à la porte, Foi elle se prend la tête : elle attendait personne, c’est chelou… Elle va ouvrir, et quand elle voit Effort, elle se prend encore plus la tête ! Effort ??!! Mais qu’est-ce qu’il fout là ? C’est le gars à Raison et ça fait un sacré bail que Foi elle a pas eu de ses nouvelles donc là elle se dit qu’il doit se passer quelque chose…

Mais quand Effort il lui apprend la nouvelle, Foi elle s’inquiète pas. Du coup là, c’est Effort qui se prend la tête ! Comment ça sa meilleure amie elle a disparu et elle elle s’inquiète pas ??? Mais Foi, elle sait que quoi qu’il se passe, Vérité c’est Vérité… et c’est pas comme si Apparence elle avait disparu. Apparence, c’est une meuf qui est tout le temps en train de se montrer, qui fait tout pour qu’on la remarque… Mais Vérité, c’est Vérité… Elle-même elle sait, Foi…

4. Raison, Doute, Question… tout le monde cherche Vérité !!!

Depuis que Vérité elle a disparu, tout le monde la cherche…

Quand Raison elle a demandé à son fils Doute de partir à sa recherche, ce narvalo, la première chose qu’il a faite : il a appelé sa petite amie, Question… Elle est super ouverte mais qu’est-ce qu’elle est relou quand elle s’y met !!! Ah frère quand elle commence à te parler, elle te lâche pas !!!

Et comme tu t’en doutes, quand il l’a appelé elle l’a rendu ouf ! Déjà que Doute il a grave pas confiance en lui à la base, mais une fois qu’il a parlé avec Question, laisse tomber, il avait grave plus de motiv’ pour partir à la recherche de Vérité… Mais Question elle lui a pas laissé le choix. Elle est venue le chercher jusqu’à chez lui et elle l’a forcé à la suivre…

Question, elle connaît même pas Vérité… enfin, vu que c’est la meilleure pote de la mère à son gars, elle en a entendu parler v’là les fois mais elle l’a jamais rencontrée. Enfin, elle l’a déjà croisée vite fait mais elle a jamais eu l’occasion de vraiment la connaître. Vérité, elle par contre, elle la connaît bien parce que voilà, c’est la petite copine du fils d’une de ses meilleures potes donc Raison elle lui a parlé d’elle en long, en large et en travers !

Mais quand Question elle a entendu que Vérité elle avait disparu, rien que par curiosité, elle s’est portée volontaire pour partir à sa recherche ! Elle est grave curieuse, Question…

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Pendant ce temps-là, Travail aussi il a entendu la nouvelle donc il cherche Vérité partout, même s’il arrête pas ses activités. L’avantage qu’il a, lui, c’est que où qu’il soit il a toujours des trucs à faire, il s’arrête jamais de charbonner, il a pas vraiment de bureau, il taffe partout…

À un moment, il est dehors en train de réparer une voiture et d’un coup, de loin il croit voir Vérité. Il s’arrête direct, il se met à cavaler dans sa direction mais plus il avance, plus il commence à douter… C’est elle ou c’est pas elle ?

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La première chose que Question a faite dès qu’elle est arrivée chez Doute : elle a commencé à parler à sa mère, Raison. Elle s’entend bien avec elle. Raison aussi, elle aimerait bien que Doute il reste avec Question, elle trouve que c’est une fille bien et qu’ils vont bien ensemble tous les deux… Doute, il est un peu mou, il a tendance à se laisser aller parfois alors que Question elle a une pêche de ouf, et Raison elle kiffe ça ! Elle se dit que Question et Doute ils peuvent s’équilibrer l’un l’autre et que surtout, la petite là, elle pourra réveiller un peu son fils !

Bref Question et Raison elles papotent, elles papotent et Question elle interroge Raison sur Vérité. Elle lui demande les lieux qu’elle avait l’habitude de fréquenter, les gens avec qui elle traîne, là où ils habitent… Et à ce moment-là, Doute il sort de sa chambre. Au début ça le saoule de voir sa meuf en train de parler avec sa mère comme si c’était sa pote. Ca le gêne en fait, il sait pas pourquoi mais parfois, il a l’impression que Question elle vient plus pour voir sa mère que pour le voir lui, c’est une dinguerie ! Mais bon, quand il entend qu’elles sont en train de parler de Vérité, il s’assoit et il les écoute attentivement.

Le problème, c’est que malgré toutes les infos qu’elle demande à Raison, Question elle arrive pas à avancer. Et quand elle voit arriver Doute, elle aussi ça la saoule parce qu’elle sait qu’il va apporter sa négativité habituelle et voilà quoi, c’est pas le moment !…

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Repos, lui, il marchait dans la rue, lennnntement (comme d’habitude) mais tellement il est mou, il est passé juste à côté de Vérité mais il l’a pas vue !!! C’est pas un truc de ouf ça ???

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Travail il avance, il avance et d’un coup il est dégoûté : il se rend compte que c’est pas Vérité. C’est sa cousine, Vraisemblance… Elle lui ressemble de ouf et en plus Travail il l’aime bien d’habitude mais là, il va même pas la voir. Dès qu’il sait que c’est pas Vérité, il continue à la chercher…

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Bref tout le monde cherche Vérité mais elle reste introuvable. C’est un délire…

Encore plus grande

Il faut une grande force mentale pour supporter de regarder le monde en face sans détourner le regard.

Une grande force mentale pour supporter les monts d’immondices qui avilissent le monde.

Une grande force mentale pour changer le monde et contribuer à l’embellir, à l’adoucir.

Une grande force mentale pour s’adoucir et rester doux en toutes circonstances, même au coeur de la dureté.

Une force mentale encore plus grande pour accepter le fait que le monde continuera à s’enlaidir, quoi qu’on y fasse.

Et une force mentale encore plus grande que cette force mentale encore plus grande pour continuer à supporter les monts d’immondices sans détourner le regard, continuer à changer le monde et continuer à s’adoucir… tout en sachant que le monde continuera à se durcir, quoi qu’on y fasse.

On s’endurcit sans se durcir : on s’endurcit pour supporter le monde, pour l’adoucir tout en acceptant qu’il continue à se durcir…

On s’endurcit pour s’adoucir.

Une histoire du racisme d’État français

• Petit rappel historique non-exhaustif à l’attention de celles et ceux qui, comme notre actuel ministre de l’Éducation nationale, sont choqués par l’expression « racisme d’Etat ». •

Le racisme peut être défini comme une idéologie qui divise l’humanité en différents groupes d’individus, les distingue par leur couleur de peau, leur affiliation culturelle, leur mode de vie ou leur religion supposée et les hiérarchise en « races supérieures » et « races inférieures ».

Le « racisme d’Etat français » peut être défini comme un racisme à la fois propagé et pratiqué par l’Etat français à l’égard de la population qu’il a été chargé d’administrer.

Ce racisme a été propagé par l’Etat français à travers certains textes tels que des discours officiels ou des programmes scolaires à destination des citoyens français.

Le racisme a également été pratiqué par l’Etat français à travers l’adoption de lois et de corpus juridiques spécifiques pour régir différentes parties de la population, groupes perçus par lui comme autant de « races » différentes et inégalement traités bien qu’appartenant à la même population et résidant sur un territoire dirigé par le même État.

Voici une série de textes officiels produits par l’Etat français depuis 1685 qui portent l’empreinte d’un racisme manifeste, plus ou moins assumé voire revendiqué.

SOUS LA MONARCHIE ABSOLUE

En 1685, un texte censé régir l’esclavage dans les îles d’Amérique occupées par le royaume de France, texte commandé par Louis XIV et rédigé en grande partie par son ministre Jean-Baptiste Colbert, prenait le nom de « Code noir ou recueil d’édits, déclarations et arrêts concernant les esclaves nègres de l’Amérique ». On pouvait notamment y lire : « Déclarons les esclaves être meubles » (article 44).

SOUS LA MONARCHIE PARLEMENTAIRE

Le 15 mai 1791, la première Assemblée nationale de France, deux ans après avoir proclamé que « tous les hommes naissent libres et égaux en droits », accordait la citoyenneté à ceux qu’elle appelait « les libres de couleur », qu’on distinguait jusqu’alors des « citoyens français ». L’esclavage persisterait jusqu’en 1794 puis serait rétabli par Napoleon 1er en 1802.

SOUS LE PREMIER EMPIRE

Le 7 novembre 1805 (16 brumaire an XIV), le préambule de l’arrêté portant application du Code civil (ou Code Napoléon) aux colonies débutait ainsi : « Considérant que de tout temps on a connu dans les colonies la distinction des couleurs, qu’elle est indispensable dans les pays d’esclaves, et qu’il est nécessaire d’y maintenir la ligne de démarcation qui a toujours existé entre la classe blanche et celle de leurs affranchis ou de leurs descendants… » (« leurs affranchis » faisant ici référence à la catégorie des « libres de couleur » citée plus haut, le Code noir ayant été de nouveau appliqué aux esclaves à partir de 1802)

SOUS LA IIIe RÉPUBLIQUE

Le 28 juin 1881, sous la IIIe République, 12 jours après que le ministre de l’Instruction publique Jules Ferry ait rendu l’école publique et gratuite, était adopté le Code de l’indigénat. Deux régimes juridiques allaient désormais coexister jusqu’en 1962 : les « citoyens français » métropolitains continueraient à être encadrés par le droit sous la IIIe République tandis que les « sujets français », tels que les « Musulmans » d’Algérie, les Malgaches ou les Mélanésiens, seraient encadrés par ce Code de l’indigénat bien plus restrictif dans les territoires de l’Empire colonial français.

Le 28 juillet 1885, le même Jules Ferry déclarait devant l’Assemblée nationale de la IIIe République pour la convaincre du bien-fondé de l’entreprise coloniale : « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (…) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… »

Dans un manuel scolaire de sciences physiques et naturelles de 1893 destiné à tous les élèves l’école publique française, on pouvait lire : « les hommes de la race blanche ont la peau claire et non pas blanche, ils sont les plus intelligents et leur influence s’étend sur tous les autres hommes. (…) La race noire comprend les hommes à peau noire, les nègres ; ils ont les cheveux frisés, le nez aplati, les lèvres épaisses. D’une intelligence encore peu développée, ils ne se construisent que des huttes et cultivent à peine la terre. (…) La race rouge a la peau cuivrée ou noire ; ce sont de véritables sauvages, mais courageux et intelligents ; ils sont sans relâche repoussés et détruits par les blancs. (…) Il existe encore d’autres races d’hommes inférieures, soit aux environs du Cap soit en Australie, dont l’intelligence est à l’état tout rudimentaire (…) mais leur nombre décroît chaque jour devant la marche incessante de la civilisation. »

En 1925, était créée à Paris la Brigade nord-africaine (BNA), composée d’une trentaine de membres « chargés [de] la surveillance générale des Nord-Africains, de leurs réunions, des garnis et des débits. Ils (avaient) pour mission de renseigner le Préfet de police, et par son intermédiaire, le Gouvernement, sur tous les mouvements politiques ou autres, pouvant se produire dans la population nord-africaine. » Agissant fréquemment en dehors du cadre légal, elle serait dissoute en 1945.

Le 6 mai 1931, le président Gaston Doumergue inaugurait au bois de Vincennes l’exposition coloniale qui proposait notamment aux visiteurs de venir observer l’un des nombreux zoos humains ayant été ouverts au public depuis le XIXe siècle, zoos humains dans lesquels étaient enfermés des hommes, femmes et enfants issus des quatre coins des colonies.

SOUS LE RÉGIME DE VICHY

Le 4 octobre 1940, le régime de Vichy adoptait la loi accordant aux préfets le droit d’interner « les étrangers de race juive » et le 7 octobre 1940, la loi abolissant le décret Crémieux (proclamé le 14 juillet 1865) accordant la nationalité française aux Juifs d’Algérie. Le 29 mars 1941, était créé le Commissariat général aux questions juives – C.G.Q.J. -, chargé de  » reconnaître et éliminer les Juifs de toutes les interférences dans les domaines vitaux et dans la vie publique, administrer leurs biens, jusqu’à la date de leur évacuation « .

SOUS LA Ve RÉPUBLIQUE

Le 3 janvier 1969, l’Assemblée nationale de la Ve République votait la loi 69-3 « relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe ». Cette loi définissant le « statut administratif des gens du voyage » imposait aux personnes n’ayant ni domicile ni résidence fixe de plus de 6 mois de se munir d’un livret spécial de circulation avec obligation de rattachement à une commune. Le nombre de personnes détentrices de ce livret ne devait pas dépasser 3% de la population d’une commune. Ce statut administratif contraignait les personnes concernées, en raison de leur mode de vie, à attendre trois années avant de pouvoir s’inscrire sur les listes électorales au lieu de six mois dans les conditions du droit commun. Le livret de circulation et le quota de 3% maximum de « gens du voyage » par commune resta en vigueur jusqu’au 27 janvier… 2017.

Le 26 juillet 2007, le président de la République française Nicolas Sarkozy déclarait à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal) : « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. (…) Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. (…) La réalité de l’Afrique, c’est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible. La réalité de l’Afrique, c’est encore trop de famine, trop de misère. La réalité de l’Afrique, c’est la rareté qui suscite la violence. La réalité de l’Afrique, c’est le développement qui ne va pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez, c’est le manque de routes, c’est le manque d’écoles, c’est le manque d’hôpitaux. (…) La réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer de ses mythes. »

Le 4 février 2012, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, bras droit de Nicolas Sarkozy, déclarait à l’Assemblée nationale : « Pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique. En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation. » Le lendemain, il réaffirmait au micro de France inter que « toutes les civilisations, toutes les pratiques, toutes les cultures, au regard de nos principes républicains, ne se valent pas. Au regard des valeurs que porte la France et que, je crois, portent tous les partis républicains en France, il y a des civilisations que nous préférons. »

AUJOURD’HUI : LA FIN SOUDAINE D’UN RACISME D’ÉTAT SÉCULAIRE ?

Aujourd’hui, dans un manuel scolaire d’histoire-géographie de 4ème de l’école publique, on peut lire :

« L’Afrique reste un continent peu développé : 35 pays font partie des pays les moins avancés. (…) La majorité des États africains ont un régime autoritaire ou des institutions démocratiques fragiles. La corruption est importante. L’insécurité freine le développement de certains territoires, en raison de conflits (Centrafrique, Somalie, Libye) ou du terrorisme (Mali, Égypte, Nigeria). »

Dans un manuel de 3ème de la même maison d’édition, on lit :

« La France est une grande puissance économique, mais aussi une puissance politique au niveau mondial. Elle est membre de toutes les organisations internationales, elle siège au conseil de sécurité de l’ONU. Elle est en mesure d’intervenir militairement dans des conflits hors de ses frontières.

La francophonie assure le rayonnement international de la langue française. Son réseau d’ambassades est l’un des plus importants au monde.

La France cherche à garder un rayonnement mondial. Les territoires ultramarins assurent à la France et à l’Europe des ressources et une puissance géopolitique stratégiques sur tous les continents… »

Depuis le 10 décembre 1948, l’État français est signataire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Dans l’article 13 on lit : « 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »

Aujourd’hui, en 2017, n’importe quel citoyen français peut entrer en Afrique et revenir en France quand il le souhaite tandis qu’un citoyen africain qui souhaite entrer en France est la plupart du temps condamné à rester en Afrique, à ruser pour obtenir un visa ou à voyager clandestinement et risquer la mort aux frontières, l’esclavage et/ou la torture en cours de route… Les frontières françaises restent en revanche grandes ouvertes aux citoyens de ce que les manuels scolaires appelaient il y a un siècle les pays de « race blanche » et qu’ils appellent aujourd’hui les « pays développés »…