Un sacré trip

Ta vie…
Un sacré trip
Entre classe et crasse
Vague trace écrite
Entre petites phrases basses
Et magistrales répliques
Gigantesque fresque
Entre prises de bec
Et frasques épiques
Prosaïque mosaïque
Entre phases de crise
Et brassées de fric
Tes traces de pas s’effritent
Entre vastes plages,
Parcs et pics
Le temps passe, trace, grave
Et puis efface le script
Ce qui te meurtrissait hier T’effleure à peine
Même si certaines
Douleurs traînent
T’étreignent
Et te prennent aux tripes
S’éteignent…
Reprennent au triple
Te criblent de peine
Freinent
Gangrènent
Toutes tes journées d’efforts
Et pourtant tu t’entraines
Fort
Les bouchées doubles
À pousser toutes les portes de tes torts
Mais les forces du sort
T’entrainent
Là où tu souffres
Étouffes
Au fond du gouffre
Tu suffoques mais tu supportes
Hein ?
Faut bien que tu bouffes !

Un motif sur un tapis

FullSizeRenderLa symétrie façonne l’harmonie.
La géométrie favorise la rêverie.

L’écru, le noir et l’ocre se disputent le titre de couleur principale.
Plusieurs ensembles s’emboîtent, précipitant le regard vers le centre du centre du centre de la figure centrale.

L’infini se faufile à travers les contours des formes imbriquées, esquissant un circuit à mille entrées.
Cœur de fleur formé de perles ornées de pierres précieuses dans leurs écrins de bronze ?
Scarabée qui bronze ?
Faut-il deviner ce qui est signifié, laisser libre cours aux associations d’idées ou prendre appui sur la clôture entre le tangible et l’impalpable pour s’échapper, sauter à pieds joints et atterrir de l’autre côté ?

La finesse des détails se révèle au fil de la contemplation.
Les frises précipitent le rythme de l’observation.
Une subtile nuance de teinte distingue une figure et sa voisine qui passait pourtant pour sa parfaite reproduction.
La succession de crochets accroche le regard… qui s’approche… puis repart… à l’instar de l’attention.

Une légère asymétrie est passée (délibérément ?) à travers les mailles de la réplique systématique, mathématique de chaque partie du tout.
Une silhouette avait échappé au 36e coup d’œil : le 37e la révèle, le 38e en devine une nouvelle, le 39e la cherche partout…

Prends le temps !

IMG_1329À quoi bon gagner du temps ?
Peux-tu le gardeeer ?
T’aimerais fixer certains moments
Mais à quoi bon s’attardeeer ?
Le ciel et la mer communiquent
Le ciel et la mer communient
Les séries de vagues et de vents expliquent et expient
Tout finit, tout recommence
Le cycle est enclenchééé
Quand tu craques sous l’influence et l’affluence
De tes pensééées
Quand la vie te fait flancheeer
Prends le temps de débrancheer
Observe, imprègne-toi
Prends le temps de t’y brancheeer

✌️😎😉

Le silence est d’or…

Tu lis machinalement d’abord. Déjà une phrase, sans même l’avoir cherché. Enfin deux… enfin… Les mots ont toujours un temps de retard sur le silence. D’encre ou de cristaux liquides, les lettres révèlent finalement plus le papier ou l’écran vide lui-même que leur propre consistance.

Multiplier les espaces vides entre chaque goutte de sens, oui. Le sens n’est que la première étape dans la quête de silence. Le silence absorbe sens et non-sens, tandis que le sens ne supporte pas sa propre absence. L’encre a l’angoisse de ne pas pouvoir s’ancrer sur la feuille. Le papier vit très bien, avec ou sans encre.

Les mots font du boucan, décorent et ravissent, impressionnent, désorientent ou rassurent. Le silence se contente de rester là, en permanence, qu’on prenne ou pas la peine de l’écouter. Le bruit n’est pas l’absence de silence, de même que l’encre qui s’écoule ne signifie pas la disparition de la feuille blanche. Elle demeure derrière n’importe quel texte, de même que le ciel reste imperturbablement là, que les nuages le traversent ou pas.

Qu’en est-il de ce qui se passe à l’intérieur de toi ? Quelle faculté joue le rôle de l’encre ? Où est située cette feuille blanche qui reste là, quoi qu’il arrive, avec ou sans encre projetée sur elle ? Entends-tu sa présence ? Tu la devines maintenant, derrière tes pensées, tes émotions, derrière ces mots que tu ne lis plus qu’à moitié machinalement, maintenant. De même que tu inspires et expires sans cesse, sans même y penser, de même le silence se manifeste à toi. Ou pas.

Allez chut…

Fruistré…

T’es frustré de ne pas pouvoir exprimer à chaque seconde la plénitude de ton être, frustré de laisser ta gêne étouffer ton aspiration à étinceler, non par orgueil, simplement par authenticité.

Tu te cherches des excuses pour expliquer ce qui t’empêche de rayonner en permanence mais derrière ce vernis intérieur que tu t’inventes pour pas perdre la face face à toi-même, tu sais ce qu’il en est…

Derrière la petite musique, le silence en dit long. Il parle bien plus fort que n’importe quel mot, cri ou déchaînement de hargne contenu. Il brûle, cogne, hurle à l’intérieur.

Tu te revois dans tous ces moments où ton cœur te dit : « mais vas-y ! Lance-toi ! Qu’est-ce que t’attends ??? » mais où tu t’abandonnes à une fausse paresse, une fatigue de façade qui te cloue à ta place et t’englue dans cette fâcheuse tendance à imiter ce qui est déjà là, à suivre passivement celles et ceux qui, eux, ont le courage de vivre pleinement au lieu de suivre ton propre plan, au lieu d’ouvrir tes ailes qui ne demandent qu’à se déployer, au lieu d’apporter ta propre contribution forcément inédite puisqu’elle jaillit des tréfonds, sans fard ni faux-semblants…

Tu sens cette croûte de conformisme empêcher ton originalité de sortir de terre, fleurir et donner les fruits que tu te vois pourtant déjà cueillir et savourer, lorsque l’invisible prend le pas sur la superficie.

Les racines sont là, elles se nourrissent déjà et ne demandent qu’à laisser la tige devenir tronc, sève, branche, feuille, pépin…

Le temps est compté, chaque seconde qui coule vide un peu plus le contenu de ta fiole de vie.

L’inspiration est automatique mais l’expiration dépend de toi…

Tic tac tic tac…

Bourrasque

T’as envie de parler à quelqu’un, de vider ton sac, de tout lâcher mais tu sais pas qui contacter, ni si c’est vraiment une bonne idée de dévoiler tout ça…

Tu te dis que ça serait un bon moyen d’évacuer toutes les mauvaises ondes mais d’un autre côté t’as trop de fierté et t’as un peu honte de… ce que tu es, ce que tu as, ce que tu traines en toi…

Mais tu débordes là, t’en peux plus de garder tout ça pour toi, faut que ça sorte, faut que la purge se fasse, faut que tu te laves sinon ça va mal finir tout ça… tu le sens…

Mais tu trouves personne à qui parler, parce que t’as pas envie de déranger untel, parce que ça fait un bail que t’as pas eu de nouvelles d’un autre tel et que tu te vois pas l’appeler pour lui dire ça, parce que tu te dis que tel autre, tu sais que ça va le saouler, qu’il t’écoutera pour être poli mais qu’il t’écourtera dès qu’il en aura la possibilité parce que dans le fond il en a rien à secouer…

Tu te sens seul face à toi-même, isolé, enfermé, encerclé par ces pensées contradictoires qui te font tourner en rond, piétiner, faire du surplace à cet endroit où la gêne et la frustration se donnent rendez-vous…

Tu te dis que ça va passer, c’est juste un petit moment transitoire hein, c’est toujours comme ça quand ça te prend, ça dure pas si longtemps que ça…

Mais là t’es en plein dedans et le vent blague pas, il souffle grave, la tempête est trop forte, t’as l’impression que ton cœur va s’arracher de ta poitrine tellement les bourrasques sont violentes…

Et puis soudain, tu t’observes en train de subir l’orage et au lieu de te concentrer sur toi et l’effet que ça te fait de te le prendre en pleine poire, tu te concentres sur lui et tu te demandes d’où il vient… et où il va….

Et d’un coup, tu te rends compte que ces vents violents ils permettent de faire voler toute la poussière qui s’était accumulée un peu partout en toi et qu’il était grand temps qu’elle arrive en fait, cette tempête.

Au final, tu te rends compte que cette tempête vide ton sac encore mieux que tous les mots que t’aurais pu essayer de lâcher à telle ou telle personne pour essayer de la chasser ou t’aider à te protéger du vent.

C’était à toi de te mettre de côté ce coup-ci, c’était toi qui avais besoin d’un bon coup de karcher pour décrasser tes pensées, et ce moment difficile que tu passes, en fait c’est juste le nettoyage qui s’effectue…

#ToiAussiiiii

« Qu’est-ce que le mal si ce n’est le bien rongé par la faim et torturé par la soif ? Quand le bien à faim, il cherche partout de quoi se nourrir, même au fond des grottes les plus sombres et lorsqu’il a soif, il se désaltère même dans de l’eau croupie… » (Khalil Gibran, « Le Prophète »)

Pleine, dense intensité

Songe à la densité de chaque instant : tous ces sons, parfums et images qui défilent et imprègnent ton être au quotidien.

La combinaison si particulière qui s’offre à toi en ce moment même disparaîtra dans une seconde… voilà… ça y est. Elle est morte, remplacée par ce qui vient juste d’apparaître, de disparaître, d’apparaître… et ainsi de suite.

Ni tes souvenirs les plus précis, ni tes livres d’histoire les plus savants, ni même tes vidéos les plus réalistes ne peuvent concurrencer la totalité de ce qui s’impose à toi là, tout de suite.

L’intensité de la vie ne s’appréhende que dans l’instant, insaisissable, impossible à conserver intact ni à thésauriser.

L’au-delà n’est pas la négation de l’instant, bien au contraire : il est niché en son sein, au cœur de la fugacité, dans cette imperturbable constance avec laquelle les évènements te désarçonnent.

L’au-delà n’est pas le futur, c’est le présent de vérité générale ou plutôt éternelle, le temps auquel les circonstances se sont toujours conjuguées pour offrir toute leur diversité, leur pleine et dense intensité aux instants que tu as toujours traversés.

L’entrée au paradis n’est pas un hypothétique devenir, c’est une éventualité offerte ici et maintenant aux esprits soucieux de reconnaître la majesté de chaque goutte d’éternité dans l’apparente obsolescence de la routine assassine.

L’au-delà n’est pas la vie après la mort, c’est la vie malgré la mort.
Ou plutôt grâce à elle.

De même, le souvenir ne signifie pas une plongée dans le passé mais seulement la faculté d’ouvrir les yeux, de rester alerte et attentif à ce qui t’échappera à jamais si tu manques d’observer attentivement ce qui se passe autour de toi, à chaque instant, une bonne fois pour toutes.

Une bonne fois pour toutes.