L’indélébile coup de craie

Observe comme la feuille absorbe l’encre

C’est l’amitié

Tu peux t’y fier

Elle te servira d’ancre

Même en temps de pluie

Préserve longtemps l’entente qui se crée là

Et que ce lien secret

Soit l’indélébile coup de craie

Écoute très attentivement tes proches

N’en décroche pas

Leur approche

T’évitera bien des croche-pattes

L’heure approche

Où tu te rendras compte

Que tout ce que je te raconte

Tu l’as déjà vécu…

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Quand bien même

Depuis que j’ai vu une dame verser des larmes pour un de mes textes

J’ai arrêté d’arrêter d’arrêter de trouver des prétextes

Même si chaque jour j’hésite à continuer, tellement je doute

Même si je serais déjà loin si j’avais pas changé mille fois de route

Même si je suis tiraillé entre en vouloir toujours plus et me contenter de ce que j’ai

Même si j’ai pas toujours saisi les opportunités qui se présentaient

Même si j’ai jamais vraiment trop su qui je représentais

Ni même qui j’étais

Même si j’ai déjà fait des rimes mille fois plus techniques

J’écris, je crée, je creuse, j’y crois

Chaque jour je gratte, gratte, gratte

Quitte à parler dans le vide

Je gratte quand même

Et quand bien même

Aucun indice n’indique qu’un jour ou l’autre tout ça changera

J’écris, je crée, je creuse, j’y crois…

Alors non

Je parle au nom de ceux qui ne supportent pas qu’on parle en leur nom

Je parle à mon ombre

À ceux qui me supportent

À l’heure où certains parlent à leur montre

Je montre le monde

Sa crasse, sa beauté

Sans me prendre pour son nombril

Même si je rêve que mon nom brille

Je sais que c’est pourri

Que ça pourrait

Tout saboter…img_2742

Parce que

Tu continues malgré tout. Malgré les embûches du quotidien et cette voix intérieure qui te répète que ça vaut pas le coup, ça sert à rien… Tu t’accroches à l’autre partie, celle qui te rappelle que tu le fais même pas parce que ci ou parce que ça. Juste parce que.

Tu continues. Tu taffes, tu gaffes, tu te reprends, tu retombes, tu te relèves, tu reprends et ainsi de suite… Tu t’accroches autant que tu peux aux souvenirs même si aujourd’hui c’est que des souvenirs et ça pèse pas lourd face à ce truc qui s’impose à toi, ici et maintenant, et qui cherche à te décourager, à te convaincre que c’est même pas la peine d’essayer dans le fond…

Mais par habitude, t’as appris à choisir la voie de l’effort même si tu préférerais t’allonger, dormir ou mater des vidéos stupides jusqu’à 2h du mat’ comme hier soir ou des saisons entières de séries comme cet été…

T’as appris à te forcer à t’efforcer parce que tu sais que si tu tiens bon, tu trouveras l’apaisement au bout du tunnel, une fois que t’auras dépassé l’obscurité et le brouillard qui polluent ta visibilité, là tout de suite.

T’as appris à choisir la voie de l’effort mais c’est pas pour autant que tu te sens forcément mal quand tu choisis l’autre voie. Tu te forces à t’efforcer et quand t’as plus de forces, tu te ressources ou tu te reposes…

Tu te forces à t’efforcer parce que tu sais aussi que si tu te reposes alors que c’est pas le bon moment, tu seras encore plus mou après et c’est le stress qui te prendra par surprise juste après le virage…

T’as toujours kiffé la montagne, les grands espaces, les étendues d’herbe ou de neige à perte de vue, les bouts de ciel grands comme ça. Et par expérience, tu sais que pour les trouver, vaut mieux monter. Tu sais aussi que quand tu marches, vaut mieux grimper avant de descendre que l’inverse. Tu sais aussi que plus tu montes haut, plus la vue est magnifique.

Alors tu grimpes. Coûte que coûte. Au pire y a des gîtes en chemin pour faire escale, même si les mecs ronflent ou puent des pieds, pas grave. Tu sais pourquoi tu grimpes.
Pas pour dire que t’es monté(e)…
Même pas pour voir le paysage, en vrai.

Juste parce que.

Ca arrive…

Il est tard, t’es KO mais tu vas pas te coucher. C’est pas de l’insomnie maladive, tu sais très bien que si tu vas te coucher tu dormiras direct.

C’est pas non plus la paresse coupable, tu culpabilises pas du tout, par expérience ça t’a jamais apporté grand-chose de culpabiliser sans te mettre en mouvement derrière donc tranquille…

Nan, si tu vas pas te coucher ce soir, c’est qu’il se passe quelque chose de spécial. Quoi ? T’en as aucune idée précise, t’es aussi ignorant de ce qui te pousse à rester éveillé que ceux qui dorment en ce moment.

Pour le moment, quelque chose dort en toi aussi et tu sais pas pourquoi mais quelque chose d’autre en toi te dit que le réveil est imminent.

Il va se passer quelque chose, tu le sens, un truc va arriver, il arrive, il est en chemin. Quel truc ? Tu sais pas exactement mais c’est un genre de trucs que tu commences à avoir l’habitude de connaître à force de les voir arriver. C’est le genre de trucs qui t’arrive parfois.

Peut-être que si tu dormais en ce moment ça prendrait la forme d’un rêve… Sans doute même… Ca arrive comment un rêve ? Il paraît que la durée d’un rêve c’est quelques secondes ou même moins, même si toi quand t’es en plein dedans t’as l’impression que ça dure des heures…

Tout ça pour dire que t’as intérêt à être branché quand il arrive. T’as intérêt à être connecté, prêt à entrer dedans, prêt à vivre ce nouveau film écrit, réalisé et interprété juste pour toi.

Faut le saisir quand il arrive, le rêve. D’où il vient ? Tu sais pas… Tout ce que tu sais, c’est que c’est que c’est encore mieux qu’un film parce que non seulement tu joues dedans mais tu le regardes en même temps ! T’as vu ça ? T’es en plein dans la scène, tu la vis, tu vois, t’entends et tout et en même temps tu te vois en train de vivre ça…

Mais toi, à force d’être attentif à tes rêves, tu t’es rendu compte que même à l’état de veille, y a des rêves qui passent de temps en temps et y a moyen de les capter. Y a grave moyen même, à condition d’être branché, connecté, à l’écoute…

Ca se transforme en moment d’absence, tu déconnectes avec ton environnement, juste quelques secondes souvent mais pour toi c’est un long-métrage !!! Les gens autour ils se prennent la tête sur toi des fois mais bon ils se disent : « oh il est dans ses pensées… » C’est peut-être ça qu’on appelle la rêverie, les songes…

Donc c’est exactement ça qui se passe là, tu sens que ça arrive donc tu te prépares. Tu prépares ton intérieur comme tu prépares ton appart’ quand tu t’apprêtes à recevoir un invité. Tu fais le ménage, tu ranges, tu rends l’espace agréable à voir, à vivre.

Tu veux qu’y ait suffisamment de place pour que ton invité se sente à l’aise, qu’il se sente pas encombré par des trucs et des machins qui traînent.

Tu vides ta corbeille, tu supprimes les fichiers et les messages qui servent plus à rien, tu fais le vide… Histoire de pouvoir te concentrer à 100% sur ce truc qui doit arriver…

C’est une énergie spéciale qui te traverse là, t’es à la fois impatient et en train de galérer comme un poney, presque de t’ennuyer ! C’est chelou, d’un côté t’es super excité et en même temps t’es grave blasé…

Aigre-doux, en quelque sorte… Un genre de sucré-salé salement sucré mais en même temps suffisamment salé pour que tu saches vraiment pas si c’est une entrée, un plat ou un dessert.

C’est tellement bizarre que tu sais même plus si t’attends le truc qui doit arriver ou si il est déjà arrivé. Est-ce que t’es pas en plein dedans d’ailleurs ? Est-ce que c’est pas un genre de songe que t’es en train ou que tu viens juste de traverser, là ?

Ca t’est déjà arrivé de rêver que t’attendais quelque chose ou quelqu’un nan ? Bah ça se trouve là en fait c’est ça qui t’arrive mais y a rien du tout qui arrive, t’attends, t’attends mais t’attends rien, enfin si, enfin nan, y a pas rien du tout puisque y a toute cette excitation qui t’empêche de dormir.

Et c’est ça que t’attendais en fait… C’est ça un rêve nan ? Un film que tu joues et auquel t’assistes ! Nan ?…

Ah donc c’est ça ? Si tu dors pas en fait, si tu vas pas te coucher, tout en sachant que demain tu vas forcément morfler à un moment ou à un autre, c’est pour ça ??? Pour ce genre de choses que t’arrives pas vraiment à définir mais qui t’empêche d’aller rejoindre le monde des rêves ??? Tout ça pour te le faire rejoindre les yeux ouverts ???

Eh bé…

Tiens !

T’as du mal à vivre ?

Tiens

Prends c’texte comme un comprimé

T’es pas l’seul à déprimer,

Les autres n’osent pas toujours l’exprimer…

Laisse couler…

Ne serait-ce qu’en pensée

Laisse la rage

Et l’orage passer

Viens

Tout finira bien

Par se tasser…

Prenons place

Accepte cette tasse de café

Rien ne presse

Même le stress déstresse

La tristesse, distraite,

Se fait discrète…

Veux-tu un peu de glace

Dans ton orange pressée ?…

☕️🍊😎