Poupées russes

Derrière l’instant présent, il y a les petits soucis du quotidien. Derrière les petits soucis du quotidien, il y a l’agenda de la semaine. Derrière l’agenda de la semaine, il y a cette phase que nous traversons en ce moment. Derrière cette phase que nous traversons en ce moment, il y a notre parcours de vie. Derrière notre parcours de vie, il y a nos souvenirs. Derrière nos souvenirs, il y a le fonctionnement de notre organisme. Derrière le fonctionnement de notre organisme, il y a l’histoire de notre famille. Derrière l’histoire de notre famille, il y a l’histoire de l’humanité jusqu’à aujourd’hui. Derrière l’histoire de l’humanité jusqu’à aujourd’hui, il y a le cycle de la vie. Derrière le cycle de la vie, il y a le cycle de l’eau. Derrière le cycle de l’eau, il y a la Terre. Derrière la Terre, il y a le mouvement des planètes. Derrière le mouvement des planètes, il y a l’univers en expansion. Derrière l’univers en expansion, il y a le mystère de l’existence…

Chacune de ces réalités est un monde à part, avec son rythme propre, ses contraintes et ses bienfaits. On navigue en permanence entre toutes ces sphères qui n’en forment pourtant qu’une seule : l’existence et son mystère le plus profond, au cœur de cet univers en expansion, marqué par le mouvement des planètes, à commencer par la Terre et son cycle de l’eau qui nourrit le cycle de la vie, condition première de l’histoire de l’humanité au sein de laquelle l’histoire de notre famille nous a amené là, avec notre organisme et son fonctionnement, nos souvenirs gravés tout au long de notre parcours de vie, et plus précisément cette phase que nous traversons en ce moment, liée à l’agenda de la semaine et son lot de soucis du quotidien… Et en même temps, de tout temps, de tous temps, en tout, avant tout, après tout, il y a, il y a eu, il y aura… l’instant présent…

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L’instantanéité

Parfois j’y pense comme à un pays que j’ai quitté depuis longtemps. Pourtant je l’accueille chaque jour, à chaque fois que l’instantanéité l’emporte sur le quotidien. Je peux le croiser au détour d’un bout de ciel au coucher de soleil ou au milieu d’une discussion tellement sincère que le dialogue se change en monologue à deux voix.
 
Et puis la routine reprend ses droits, allez lève-toi, il est l’heure, accepte de bouffer ta part de poussière si tu veux pouvoir ensuite retrouver ce qui te motive à retrouver ce qui te motive. Recevoir un message tellement clair que le doute n’osera même plus ouvrir sa gueule, un signe qui donnera à l’ordinaire une profondeur incroyable, insoupçonnée…
 
Il est à la fois dans ce qui se voit et ce qui se devine, se savoure et se regrette. Il tord les intestins, brûle les entrailles, il a pas d’heure, débarque quand bon lui semble et le temps de remarquer sa présence, il nous manque déjà…
 
Parfois j’y pense comme à un pays lointain, tellement lointain que même son souvenir s’éloigne… pourtant il peut débouler d’une seconde à l’autre, refaire surface, revenir tout chambouler, tout foutre sens dessus dessous sans prévenir, parfumer l’instant de sa simplicité admirable…
 
Il est solide comme un volcan et pourtant si frais… Il peut jaillir de l’ennui ou t’y laisser englué des heures entières… en attendant qu’il daigne à nouveau s’inviter chez toi…
 
« Mais de quoi il parle là ? », se demanderont ceux qui ont besoin de découper le monde en morceaux pour mieux le mâcher. Donne-lui le nom que tu voudras va, on va pas se prendre la tête, il est tard et on n’a plus le temps pour les chicanes.
 
Une plongée dans le cosmos au pays des merveilles, ça te dit ? Laisse tomber tes vieux réflexes, laisse-toi surprendre par ce que tu retrouveras bientôt au fond d’un tiroir de ta mémoire. Vide ton sac, vide !…
 
La nuit reprend ses droits, elle a tapissé le ciel et le trottoir, c’est le moment propice pour ouvrir la fenêtre. Laisse le calme remplacer tes réflexions obsédantes…
 
Parfois j’y pense comme à un pays lointain et je rêve de m’y installer, d’y passer le reste de ma vie d’avant. De migrer définitivement, de redevenir l’autochtone que j’étais avant d’être projeté là, au beau milieu de nulle part, à chercher de l’eau comme un chien errant…
 
C’est grâce à ça que je continue à y croire quand l’esprit critique et les dégueulasseries du monde me plombent le moral, quand le cynisme voudrait me faire croire qu’il est plus sincère que ces pépites d’éternité…
 
Heureux celles et ceux qui ont déjà fréquenté ces lieux bénis. On s’y croisera peut-être un de ces 4 ?! Va savoir… 😉

Imagine…

Imagine demain en prenant ton petit-dej tu vois des militaires qui cassent la porte de chez toi et qui t’annoncent qu’à partir d’aujourd’hui, cet appart’ c’est plus chez toi, désormais ça appartient au pays qui les envoie, que tu dois bouger, t’as 3 minutes pour débarrasser le plancher sinon ils tuent toute ta famille. Tu comprends pas ce qui se passe, tu te demandes si c’est une caméra cachée ou un cauchemar dont t’es pas encore réveillé, tu cherches à gagner du temps mais au bout de 3 minutes ils tuent ton fils devant tes yeux…

Imagine demain t’ouvres ta boîte aux lettres et tu reçois une convocation au commissariat le plus proche. T’as rien à te reprocher donc t’y vas… mais tu reviens pas. On t’arrête, on te fout dans un stade avec des milliers d’autres personnes qui ont reçu la même convocation et qui avaient rien à se reprocher. T’entends les gens autour de toi dire que c’est fini, que vous reverrez plus jamais les vôtres et d’un coup, les flics arrivent en masse et ils vous foutent dans un wagon qui vous emmène vers un camp… où vous vous ferez tuer…

Imagine demain tu sors de chez toi pour aller au taf et juste avant d’arriver, genre cent mètres avant ton lieu de travail, un mec arrive vers toi, te braque avec une arme, te bande les yeux et te force à monter dans un véhicule. Tu sais pas où tu vas mais tu fais un long trajet, tellement long que tu te souviens plus combien de jours ni combien de nuits vous avez voyagé. Quand on t’enlève le bandeau, t’es dans un marché et tu vois plein de mecs et de meufs autour de toi à qui on vient de redonner la vue, comme toi. T’entends des mecs que t’as jamais vus se disputer dans une langue inconnue en vous fixant lourdement et d’un coup, un des mecs sort quelques billets de sa poche, les donne au mec qui t’a braqué et te voilà obligé de le suivre parce que maintenant c’est lui qui te braque et qui t’emmène chez lui travailler de force… ou mourir…

Imagine demain tu dois voyager mais ton passeport arrive à expiration alors tu vas à la mairie. T’as toujours renouvelé ton passeport sans problème depuis que t’es petit mais cette fois-ci, on t’annonce que ce sera pas possible, la loi a changé et tu dois immédiatement quitter le territoire parce que t’as plus le droit de vivre dans ce pays. Toi t’as toujours vécu ici donc tu sais pas où aller mais surtout, y a toute ta vie ici, tes amis, tes repères… et le lieu dont la meuf de la mairie t’a parlé quand elle t’a demandé de partir, c’est un lieu où ton nom de famille est recherché par la police… et dans ce lieu, quand t’es recherché par la police et qu’on t’arrête, ça veut dire que tu vas mourir…

Imagine demain on t’annonce que le pays est en guerre et que t’es obligé d’aller combattre. Toi t’es plombier ou médecin, t’es banquier ou prof mais les mecs qui viennent de déclarer que le pays est en guerre ils en ont rien à foutre de ce que tu fais dans la vie, tout ce qu’ils regardent c’est ton âge et tous les mecs de ton âge doivent partir sinon ils se font tuer… T’as une heure pour dire au revoir à ta famille, ta femme, tes enfants, tes parents et d’un coup t’es dans un train, en uniforme avec un fusil que t’as jamais utilisé, entouré de plein de cordonniers, de commerciaux et de chauffeurs-livreurs qui portent le même uniforme et la même arme que toi et vous allez « au front », un endroit où vous êtes jamais allés et où vous avez rendez-vous avec la mort…

Imagine demain tu sors du boulot, tu vas faire quelques courses avant de rentrer et d’un coup t’entends des bruits d’avion de plus en plus forts et proches de toi et tu te rends compte que ces avions qui se multiplient dans le ciel commencent à lacher des trucs qui tombent et explosent… Tu vis ton premier bombardement, tu viens de t’en sortir vivant mais comment se passera le prochain ?… T’essaies d’appeler ta famille mais y a plus de réseau, tu veux rentrer chez toi mais y a plus de transport, tout ce que tu vois autour de toi c’est des gens paniqués qui courent dans toutes les directions et qui se demandent si l’immeuble qui est là est un bon endroit pour se cacher ou si lui aussi va se faire bombarder…

Imagine demain dans ces conditions… et savoure le délice que représente aujourd’hui, tout de suite maintenant quand t’y réfléchis deux minutes…

La nuit n’est pas le contraire du jour

La nuit n’est pas le contraire du jour. Elle le complète et lui donne du sens. Elle le précède et lui succède, elle existe au même moment que lui dans d’autres lieux, sous d’autres cieux.

La lune n’est pas le contraire de la Terre ni du soleil. Elle tourne autour de celle qui tourne autour de celui qui tourne aussi, peut-être… qui sait…

En islam, une nouvelle journée commence au coucher du soleil, on lit aussi bien de droite à gauche que de gauche à droite et pour s’enrichir, mieux vaut distribuer ses biens que les accumuler.

Il est dit que cette vie n’est qu’un rêve et que nous ne nous réveillons que le jour où nous la quittons. Il est recommandé de travailler comme si nous allions rester sur terre éternellement et de prier comme si nous allions mourir demain.

La mort n’est pas le contraire de la vie. Elle la complète et lui donne du sens. Elle la précède et lui succède, elle existe au même moment qu’elle, dans d’autres lieux, sous d’autres cieux…

Au-delà des idées

Paralysés par le doute et l’esprit critique qui nous refusent l’opportunité d’accorder aux meilleurs la foi nécessaire pour bénéficier de leur lumière, nous souffrons de ce que nous avons appris à considérer comme nos principaux atouts.

La raison, qui cherche des preuves, occulte la soif de bienfaits qui ne souffre aucune espèce de poussière de vaines interrogations.

Lorsque tout est clair, lorsque la clarté de la clairière de la clairvoyance devient si manifeste que même les néons de l’esprit n’éclairent plus les lieux qu’en l’assombrissant par des jeux de lumière artificiels, il ne reste que l’appel à l’aide du coeur démuni, la supplique agenouillé ou les yeux mouillés pour voir survenir la coupure de courant salvatrice, qui connecte par on ne sait quelle opération miraculeuse la terre asséchée à la source d’eau vive et vivace.

La souillure du doute paralysant est certes perçue comme l’attribut de pureté le plus manifeste dans le monde des faux-semblants, le monde illusoire des certitudes enracinées dans des chimères nourries par l’imagination et les idées fixes.

La logique pense sans doute pouvoir contrôler la respiration, le débit du sang dans les veines et la fréquence des larmes à force d’hypothèses vérifiées par l’expérience, parviendra-t-elle pour autant à créer et à faire jaillir ce qu’elle s’efforce d’analyser de l’extérieur ?

Nous sommes des spectateurs de la féérie permanente avec laquelle le monde se déploie sous nos yeux écarquillés. Nous attestons sans conteste de la supériorité des forces naturelles et surnaturelles sur nos tentatives les plus acharnées et les plus impressionnantes de maîtriser et de quadriller cette effusion d’énergie qui nous porte et nous anime.

Qu’Allah nous illumine.

Amine.

La vie de rêve

On a grandi avec l’idée qu’on valait rien.

Même entre nous, on avait tendance à se critiquer mutuellement, à se descendre avec ou sans humour, à se mettre des bâtons dans les roues. Même pas par jalousie, juste par habitude.

L’habitude nous tuait à petit feu, on s’habituait à être médiocre pour pas éclabousser le voisin ni se faire soulever, on se faisait tout petits pour surtout pas faire de vagues, pour que personne parle sur nous…

Jusqu’au jour où on a quitté les lieux, on a découvert de nouveaux milieux et soudain, d’autres gens ont vu en nous des qualités que personne n’avait remarquées jusqu’alors.

D’un seul coup, on devenait beaux, talentueux, drôles, cultivés, alors qu’on s’était toujours perçus comme des moins que rien, à force de croire ce qu’on avait l’habitude d’entendre et de penser…

Sauf qu’être beaux, talentueux, drôles ou cultivés aux yeux de ceux qui nous disaient qu’on était « pas comme les autres », ça nous disait rien… On avait l’impression de trahir ceux avec qui on avait grandi, on préférait encore endosser le mauvais rôle qu’on avait jamais incarné plutôt qu’être perçus comme « l’exception qui confirme la règle »…

Alors on a quitté ce nouvel environnement et on est revenus là d’où on venait, avec un autre regard sur nous-mêmes et sur les autres. C’était les mêmes pavillons et les mêmes bâtiments qu’avant, on voyait les mêmes têtes dans les halls et au bar du coin, on croisait les mêmes regards froids ou chaleureux mais c’était plus pareil.

C’était plus une prison ni un asile à ciel ouvert, on savait qu’on pouvait se barrer si on en avait envie et ça, ça changeait tout. On savait désormais que y avait pas que cet environnement mais on savait aussi que les autres lieux qu’on prenait avant pour des paradis inaccessibles valaient pas mieux qu’ici.

Dans les quartiers chics ou au bord de la mer, tout paraît beau vu d’ici mais il suffit d’y vivre pour voir l’envers du décor. Du coup c’est bizarre à dire mais aujourd’hui, on préfère vivre ici parce qu’au moins on se sent pas trompés sur la marchandise.

Aujourd’hui, on cherche à valoriser ceux qui nous entourent au lieu de les couler, parce qu’on sait à quel point les blessures psychologiques sont durables.

Et même si on a pris conscience de notre valeur, on préfère bosser dans l’ombre au service de ceux qui ont oublié la leur plutôt que se masturber sous les projecteurs au son des flatteries de ceux qui nous complimentent pour mieux diaboliser nos frères.

On se prend pas pour des super-héros pour autant, chaque jour nous montre à quel point on lutte contre le vent, chaque échec supplémentaire nous rappelle notre insignifiance.

On compte plus les fois où on a eu envie de tout plaquer, d’aller vivre sur la côte, « nique leur mère les autres, on sirotera un Virgin Mojito everyday à l’ombre d’un parasol et on comptera les vagues »…

Mais pour l’avoir déjà fait, on sait que ça sonne faux dans le fond, la vie de rêve c’est pas une pub Pulco Citron.

La vie de rêve c’est notre vie quotidienne, est-ce qu’on peut rêver mieux qu’un bête de défi à relever chaque jour ?

Le voilà le défi : trouver la paix au milieu des tensions, conserver l’amour au milieu de l’indifférence qui fatigue le corps et l’esprit. Et même si on arrive à motiver un seul petit de pas se prendre pour une merde ou à réconforter un seul ami qui veut lâcher le steak, si on arrive à devenir et demeurer humbles et confiants, si on arrive à voir cette vie comme un rêve dont on se réveillera bien tôt ou tard, on aura gagné.

On aura réalisé nos rêves.

L’attention

L’attention est une faculté fondamentale pour les personnes soucieuses de soigner leur caractère et leur comportement et déterminées à progresser intérieurement ainsi que dans leurs rapports à autrui.

PRÊTER ATTENTION aux choses et aux personnes qui nous entourent, être ouverts, ATTENTIFS, c’est manifester une lumière intérieure qui éclaire nos pensées et nos actions et nous montre la voie à suivre.

FIXER SON ATTENTION sur ce qu’on vit à chaque instant, rester concentré est une autre condition nécessaire pour prendre soin de soi et des siens sans discontinuer.

Cette attention portée à ce qui nous entoure nous pousse à nous montrer ATTENTIONNÉS, à transformer notre bienveillance en actions concrètes sous la forme du service.

FAIRE ATTENTION, enfin, renvoie à la prudence, à la vigilance quant aux conséquences de nos attentions, notamment à l’arrogance qui peut naître chez celles et ceux qui s’enorgueillissent de leurs attentions au lieu de se montrer reconnaissants d’en avoir été les réceptacles et les véhicules.

Prêter attention, fixer son attention, se montrer attentifs et attentionnés tout en faisant attention…

Message à l’attention de celles et ceux qui s’y retrouveront…